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[Culture] Guillaume Guéraud : un auteur NO-LIMIT

Guillaume Guéraud

Guillaume Guéraud est né le 30 janvier 1972 à Bordeaux. Il y passe les vingt-quatre premières années de sa vie, plus précisément dans la cité de Floirac.

Après avoir obtenu son diplôme de l’IUT de Bordeaux, il travaillé ensuite dans divers quotidiens régionaux.

Depuis, ayant vécu une dizaine d’années à Marseille et aujourd’hui à Pézenas dans l’Hérault, il se consacre à l’écriture, essentiellement de romans pour adolescents et jeune public. Et au vu de son oeuvre, impossible d’estimer le nombre de parutions par an, mais l’ayant rencontré et découvert il y a six ans au Festival Rue des Livres à Rennes au cours de mes études, il doit écrire à un rythme compulsif !

« Cité Nique-le-Ciel » (1998), réédition 2007.

Et comment ! C’est en 1998 qu’il fait une entrée remarquée mais surtout fracassante dans la littérature pour adolescents avec Cité Nique-le-Ciel, publié dans la collection Doado aux Editions du Rouergue. Un court roman incisif, percutant, violent et bouleversant, racontant le quotidien de Rachid, un jeune de treize ans voyant partir dans l’ambulance, sous ses yeux, son aîné Imad, victime d’une overdose mortelle de drogue. Depuis, la vie de quartier populaire n’est pas de tout repos, lorsqu’on vit de coups foireux, de foot, de centres sociaux difficiles… Bref, tout ce qui ne laisse aucune place aux rêves…

« Chassé-croisé » (1999), réédition 2004.

Suivront alors Chassé-croisé (1999) et Coup de sabre (2000), toujours au Rouergue, où Guillaume Guéraud interroge la misère sociale, l’exclusion mais surtout de la puissance de l’imaginaire due au cinéma. Car l’auteur est un grand cinéphile !

« Coup de sabre » (2000), réédition 2007.

C’est à partir de 2006, avec la parution de Je mourrai pas gibier dans la collection Doado Noir, que l’auteur va de plus en plus loin dans la description de la violence, au coeur d’un milieu tiraillé dans un entre-deux vertigineux : d’un côté, la vigne ; de l’autre, le bois. Et dans ce conflit où coups foireux et magouilles règnent en maître, le jeune narrateur, exclu et rejeté, va sentit monter en lui une folie meurtrière afin de redresser la barre. Ce court roman pour adolescents, d’une noirceur implacable et d’une écriture innée, remporte le Prix Sorcières l’année suivante.

« Je mourrai pas gibier » (2006)(Prix Sorcières 2007)

Comme je le disais tout à l’heure, Guillaume Guéraud est un grand passionné de cinéma. Si l’on peut citer quelques-unes de ses références qui peuplent son oeuvre littéraire, par exemple : Scarface de Brian de Palma (1983) que l’on retrouve dans Cité Nique-le-Ciel, ou encore M le Maudit de Fritz Lang (1931), en passant par La Bête et la Bête de Jean Cocteau (1946)(Prix Louis-Delluc)… sans oublier Les Temps modernes de Charlie Chaplin (1936) dont la bobine de film fera l’un des objets précieux dissimulé dans un lieu secret et signe de rumeurs, au sein d’une île imaginaire, dictature interdisant les images sous peine de perdre non seulement ces images mais aussi ses pupilles, tel est le fonctionnement de La Brigade de l’Oeil, organisme chargé de traquer les terroristes et les opposants à la loi Bradbury, du même nom que le roman dense et dystopique, publié en 2007, nous plongeant dans une quête périlleuse et sans pitié, menée par un jeune homme du nom de Kao, distribuant clandestinement des images, qui va découvrir ce lieu secret au péril de sa vie. Cet ouvrage nous questionne sur l’utilisation des images et de la puissance du cinéma, considéré comme un fléau par ceux qui subissent cette dictature absurde aux allures du 1984 de Orwell et de Fahrenheit 451 de Bradbury… Pourquoi pas un petit air de Kubrick, si l’on se réfère à Orange Mécanique ?

« La Brigade de l’Oeil » (2007)

C’est en 2010 que Guillaume Guéraud se livre enfin sur sa propre expérience du septième art, grâce à son roman autobiographique intitulé Sans la télé. Déjà, vu le titre, l’auteur annonce déjà la couleur ! En effet, au cours de son enfance bordelaise, impossible pour le petit garçon d’avoir des conversations intéressantes dans la cour de récréation… On tourne principalement des dessins animés à la télé du genre Albator 51, Tom Sawyer, Goldorak en imaginant des histoires. Mais, lui, petit Guillaume, n’a pas la télé. Sa mère est contre, tout comme son oncle qui dit lui-même que « la télé est un poison qui rend con« . Se sentant morose et désarçonné – ce qui lui vaut quelques actes de rébellion et des caprices -, sa mère va lui trouver une occupation qui, peu à peu, va lui bouleverser l’existence. A seulement huit ans, Guillaume Guéraud découvre Mon Oncle d’Amérique de Alain Resnais (1980), la beauté des images et des acteurs, grâce à sa mère qui le conduit de temps en temps dans le cinéma de son quartier. Ainsi, nourri par le cinéma dont beaucoup de références sont citées à la fin du livre, le narrateur se sentira exister, échappant donc à la vie difficile et tumultueuse, parfois rythmée par des coups de filet et des tapages en plein jour… ce qui fera, bien sûr, la richesse de son oeuvre.

« Sans la télé » (2010)

Je pourrais vous citer encore plein de romans jeunesse et ados que j’ai lus de lui, comme Anka (2012) ou Captain Mexico (2018), ou encore toute la Série B qu’il a publié chez Sarbacane aux côtés de plusieurs illustrateurs… Mais sachez que Guillaume Guéraud a aussi écrit pour les adultes ! C’est en 2001 qu’il fait son entrée dans la célèbre collection La Brune au Rouergue, en publiant Dernier western. Mais ma rencontre/découverte avec l’auteur s’est d’abord faite autour de son deuxième roman adultes Baignade surveillée (2014), l’histoire d’un couple avec enfant battant de l’aile, partant en vacances sur le bassin d’Arcachon, dont le frère de l’homme surgit de nulle part après sa sortie de prison, de quoi mettre du piment en plein été. Je me souviens l’avoir lu d’une traite, en une journée, tellement le roman était court, d’une écriture ciselée, incisive et… rapide !!!

« Baignade surveillée » (2014)

En 2016, il récidive avec Shots, un roman-photo… sans photos. Car, dans cette histoire aux allures d’album, de fresque familiale et de thriller, elles ont mystérieusement disparu, ne restent alors que les légendes. Raconté par William, photographe semi-professionnel, a l’habitude d’immortaliser tout ce qui lui passe sous les yeux. De son enfance et de son adolescence marseillaise, demeurent les souvenirs de son frère Laurent, jusqu’à ce que ce dernier sombre dans la délinquance et les magouilles avant de s’exiler subitement à Miami. Leur mère mourant à petits feux, William part alors à sa recherche et se retrouve alors plongé dans un milieu peuplé d’Haïtiens hors normes et de latino-cubains suspicieux… Dans une forme très originale, ce roman m’a plutôt pris en haleine, dérouté pour ainsi dire…

« Shots » (2016)

Récemment, il a publié Les héroïnes de cinéma sont plus courageuses que moi (2018), un recueil de portraits de femmes dans le monde du septième art, aussi bien dans un contexte historique que politique.

Ses dernières oeuvres, particulièrement en jeunesse : Vorace (2019), Les trois enterrements de mon chien (2020) et en ce début d’année, Des éclairs dans la vallée, premier tome d’une série intitulée Les enfants du tonnerre illustrée par Laurent Audoin.

(c) 2021 Sarbacane

Quoi qu’il en soit, je décris Guillaume Guéraud comme un auteur NO-LIMIT. Et vous, pourquoi ne pas vous laisser tenter par son univers éclectique et compulsif ??? Pour conclure, je vous invite à consulter sa chaîne YouTube si vous voulez en savoir plus sur son oeuvre, ses conseils d’écriture et… sa façon de voir le monde !

Vincent

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